Robert Smithson a réalisé l'une de ses premières oeuvres de Land Art à Kent, Ohio en janvier 1970. C'était "Partially Buried Woodshed". Smithson disait alors qu'il avait toujours voulu enterrer un bâtiment. Moi j'ai toujours voulu déterrer un Smithson. Imaginons qu'en 2008 un homme de 70 ans se faisant appeler Robert Smithson refaisait surface en Europe. Est-ce un imposteur ? Souffre-t-il d’amnésie? Si Nancy Holt le reconnaîssait pour son mari et que la galerie James Cohan organisait une exposition de plusieurs nouveaux non-sites, L'UFR d'arts plastiques (Université Paris 1) pourrait l'inviter à réaliser une oeuvre de Land Art à Paris. Le Centre St Charles (Université Paris 1) connaît un probl&eagrave;me d'infiltration d’eau dû apparemment à la présence d’une rétention d’eau sur une terrasse du bâtiment. L'intervention consiste à installer un jardin sur cette terrasse afin de capter l'eau résiduelle, embellir le lieu et contribuer au développement durable, tout en sachant que le bâtiment n'a pas été prévu pour soutenir la masse que représente un tel jardin. Il y a de fortes chances pour que la terrasse cède sous le poids du jardin. Le jardin tendrait donc à envahir le bâtiment. Le projet consiste en la visualisation, grâce à une simulation en 3D, de l'ensevelissement du Centre Saint Charles par le jardin suspendu imaginé sur ses terrasses. Ce jardin est conçu pour rendre visible le conflit entre ordre et désordre. En simulant l'action de l'entropie, on explore le processus que Smithson appelait désarchitecture. Le projet m'a permis de conduire une réflexion sur l’entropie, sur l'évolution d'un écosystème à taille réduite, ainsi que sur la temporalité propre aux projets de Robert Smithson et l'entretien de leur mémoire. Il a été présenté à la Bellevilloise en janvier 2010 dans le cadre d'une exposition collective des projets TerraNumerica produits par le CITU.

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Partially Buried University